Dossier
08 oct 2014

Parent, face à la violence de l'adolescent

Lorsque l’enfant devient adolescent, la puberté, la poussée hormonale, l’émergence de nouvelles compétences et de nouvelles envies qui le poussent à devenir plus autonome, le besoin qu’il a de se séparer de ses parents … participent à l’apparition de nouveaux comportements.

Dans sa famille, l’adolescent exprime ce qu’il est et ce qu’il ressent différemment par rapport à lorsqu’il était enfant. Parfois, et pour diverses raisons, son mode d’expression devient violence. Qu’elle soit verbale ou physique, qu’elle soit dirigée vers les objets qui lui sont familiers, vers ses frères et sœurs ou vers ses parents, cette violence a un impact sur tous les membres de la famille … Quand son enfant est violent à la maison, que ressent-on  en tant que parent ?

 
Parent, spectateur de la violence de son adolescent

Qui est cet adolescent qui balance son sac contre le mur en rentrant du lycée, qui hurle dès qu’on « ose » lui demander quelque chose, qui fait mal à sa sœur sous prétexte de vouloir lui aussi regarder la télé ?... Devant les comportements violents de son enfant, on peut être confronté à un sentiment d’étrangeté… On a l’impression de ne plus reconnaître cet enfant qui est pourtant « le nôtre » ! C’est un peu comme si on avait perdu le « décodeur » de ses pensées.

On ne le comprend plus, on ne sait plus vraiment qui il est. De manière plus générale, on ne comprend pas ce qu’il se passe… Pourquoi agit-il de cette manière ? Que signifie cette violence, que cherche-t-il à exprimer ? Comment réagir face à cette violence? Une multitude de questions peuvent surgir. On recherche le sens de cette situation.

Il peut aussi y n’avoir aucune question. Dans ce cas, la violence sidère. Elle fait effraction alors qu’on ne s’y attend pas. On peut rester paralysé, alors même qu’on aurait « rationnellement » envie d’intervenir : en grondant, en criant, en punissant, en protégeant son/ses autres enfants… Mais rien n’y fait.

Cette sidération est liée aussi au sentiment de peur qui se dessine au plus profond de nous. Etre spectateur de la violence de son propre enfant, se rendre compte de la capacité qu’il a à sortir de ses gongs, à ne pas être capable de maîtriser les émotions qui le traversent provoquent de l’effroi. Et si un jour il portait la main sur nous ? Jusqu’où peut-il aller ? ...

Parfois sous le choc, il est difficile de savoir quoi faire, quel positionnement adopter face à lui et à l’agressivité qu’il renvoie. On peut se sentir très impuissant, en échec, désorienté. Pour lui, pour les autres membres de la famille, pour soi, on se sent alors dans l’incapacité à trouver les « bonnes solutions » pour que cela s’arrête. Cela fait souffrir parce qu’en tant que parent, on est « censé » être celui qui sait et qui détient l’autorité.

Il peut arriver également que les comportements violents de son adolescent viennent, plus ou moins inconsciemment, provoquer en nous un sentiment de colère. Son agressivité peut venir réveiller ou simplement questionner notre propre violence interne à priori contenue. Nous avons alors à entendre ce sentiment, à le comprendre et à « faire avec » …


Parent, victime de la violence de son adolescent


Etre victime de la violence de son enfant est source de souffrance. Il s’agit d’une situation insupportable puisqu’en plus d’être victime de violences, leur auteur est celui ou celle qu’on a désiré, qu’on a élevé et qu’on aime profondément. Elle fait rupture dans le lien parental existant. Elle crée un véritable traumatisme, elle fragilise.

Parfois, en amont de l’incompréhension que suscitent les actes de violences qu’on subit chez soi , il est extrêmement difficile d’accepter leur réalité : c’est le déni. Ces actes sont tellement « impensables » que notre inconscient refuse de les analyser avec clairvoyance. Pendant longtemps, on peut faire « comme si de rien était » et refuser inconsciemment d’accepter l’existence d’un problème, d’une souffrance, et le besoin qu’on a d’être aidé-e.

Le déni peut être une « stratégie » pour se défendre du sentiment de honte qui ronge. Honte de ressentir une peur physique vis-à-vis de son enfant. Honte aussi parce que « parent, on se doit d’être celui qui porte la famille, qui la protège, qui tient le rôle d’autorité en montrant le chemin ». On peut se dire qu’un parent qui est frappé ou insulté par son enfant n’est pas/plus un « bon parent ». On peut se sentir dépossédé de son rôle et de sa posture.

Associée à ce sentiment de honte, il y a la culpabilité. De ne pas « avoir pu » éviter cela. On peut se sentir profondément fautif de la situation.

Lorsque l’on ressent une telle détresse, il est d’instinct plus facile d’essayer d’éviter les scènes de violence, mais aussi tout ce qui pourrait les « faire exister ». On peut se renfermer, se replier sur soi et sur sa souffrance. Il est souvent impossible d’en parler, trop difficile de révéler ce qu’il se passe entre  les murs de la maison, de parler de sa « faiblesse », de demander de l’aide.

Pourtant, c’est indispensable : pour soi mais aussi pour l’adolescent qui violente et l’ensemble de la famille également « attaquée ». « Casser les murs » pour solliciter l’intervention d’un professionnel tiers peut aider à rompre le cercle vicieux dans lequel chacun s’est enfermé.

 

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