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Handicap : regard, malaise
Le regard des autres
L’identité c’est, entre autres, l’image que l’on a de soi-même. Cette image se construit depuis la naissance. L’estime que l’on se porte à soi-même dépend en grande partie de celle qu’a renvoyée l’entourage, en particulier la famille. Ce regard porté sur soi-même est donc fortement lié au regard que les autres renvoient.
Il n’est pas facile quand on est adolescent de s’accepter tel que l’on est. On préfère être « comme tout le monde ». La différence fait peur, car être différent c’est risquer d’être exclu et d’être sans ami.
Dans la vie il faut se faire à l’idée qu’on sera accepté par certains et rejeté par d’autres. Et c’est encore plus compliqué lorsque l’on est porteur d’un handicap. Il faut pouvoir s’accepter tel que l’on est et être moins touché par le regard des autres. Si on a une estime de soi suffisante, que l’on ne se sent pas inférieur aux autres, les remarques et les attitudes sont moins blessantes.
Pouvoir s’accepter tel que l’on est, c’est le travail de toute une vie et pour tout le monde… Alors imaginez le travail supplémentaire, plus dur, que cela peut représenter parfois pour les personnes porteuses d’un handicap, d’une différence. Parfois, y parvenir tout seul est difficile. Il devient alors nécessaire de se faire aider, de façon plus ou moins ponctuelle, par un professionnel, par exemple un psychologue.
Certaines personnes apprennent à vivre avec leur handicap. Elles « assument » sans complexe et tentent de ne pas trop penser à leurs difficultés. C’est plutôt le regard que leur portent les autres qui peut les déranger, voire les blesser. Ces regards de pitié, de dégoût, de gêne ou de compassion qui viennent quotidiennement rappeler la différence, leur faire violence.
Pourquoi ressent-on un malaise face à une personne handicapée ?
Le mot « handicap » avec tout ce qu’il représente, fait un peu peur : « C’est quoi ce handicap ? », « Pourquoi lui et pas moi ? », « Est-ce que c’est contagieux ? », « Comment fait-il pour vivre avec au jour le jour ? »... Toutes ces questions peuvent vous traverser l’esprit.
A travers ce handicap, on peut se dire qu’il existe une souffrance. On ne sait pas toujours comment gérer la souffrance de l’autre.
On ne sait pas toujours comment « être » face à lui : être gentil et « compatissant », au risque de trop insister sur son handicap et le mettre « à part »… ou bien faire « comme si de rien n’était » au risque de ne pas reconnaître ce qu’il est.
Au-delà du handicap, c’est de la différence dont chacun se méfie. La différence fait peur, parce qu’elle représente ce qu’on ne connaît pas. Notre premier réflexe serait de la rejeter, pour éviter de s’y confronter. Pourquoi sommes nous troublés, touchés ? A quoi cela nous renvoie-t-il ?
Face à ce malaise… que faire ?
Si le handicap vous intrigue, vous inquiète un peu… pourquoi ne pas questionner directement une personne porteuse de handicap sur ce qu’elle vit, s’intéresser à elle. C’est apprendre à mieux la connaître et se donner les moyens de mieux comprendre.
Faire connaissance, c’est aussi donner de soi : on partage des avis, des souvenirs, des sentiments. C’est en échangeant que peu à peu, la peur de la différence s’estompe. On peut même devenir ami : être avec cette personne porteuse d’un handicap comme avec ses autres copains, tout en « faisant avec » son handicap comme elle-même a appris à le faire… Une véritable occasion aussi d’en apprendre sur soi-même !






