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Le ressenti du harceleur
Quand un jeune ou un groupe en maltraite un autre, il peut éprouver de la jubilation ou de la haine et avoir parfois le sentiment d’être supérieur. Mais pourquoi a-t-on besoin de se sentir supérieur en agressant ? Serait-ce pour masquer un sentiment d’infériorité ?
Pourquoi peut-on en arriver à détester quelqu’un qui ne nous a rien fait au point d’avoir besoin de se défouler sur lui ? Peut-être parce qu’il nous rappelle quelque chose qui nous fait souffrir ou dont on a honte, et cela peut mettre en colère.
« Je l’ai toujours su mais je ne l’ai pas toujours accepté. Quand j’étais au collège, pour ne pas marquer ma différence j’étais le premier à traiter les autres de “sales pédés”. Et puis, un jour, je suis tombé amoureux (d’un garçon) et j’ai décidé de l’assumer. Du jour au lendemain, des mecs qui étaient à l’école avec moi depuis le primaire ne m’ont plus adressé la parole […] ». (Forum Jeunes Violences Ecoute - Espace Jeunes)
Parfois on harcèle parce qu’on a été nous même harcelé, et on décide alors de se venger parce qu’on ne trouve pas d’autres solutions pour dépasser la peur qu’on a vécue. Dans tous les cas, harceler un élève nous donne une autre image. On n’est plus la victime, peureuse, honteuse, exclue du groupe. On peut même oublier la peur et la souffrance qu’on a ressentie lorsqu’on était le souffre-douleur. On ne veut pas voir le mal que l’on fait.
Ce n’est donc pas le jeune harcelé qui est à remettre en cause, mais plutôt ce qu’il représente pour le harceleur. On ne réalise pas que le problème vient du harceleur et non de la victime.
« Ceux qui menacent ou harcèlent les autres c’est qu’ils ont un problème, alors ils veulent diminuer les autres pour faire genre qu’ils sont parfaits ». (Site Fil Santé Jeunes)
Alors qu’il n’a fait de mal à personne, un jeune peut être victime de brimades uniquement parce qu’il est par exemple brillant en classe et que cela dérange.
« J’étais une très bonne élève, j’avais toujours les meilleures notes et mes camarades étaient toujours derrière moi pour que je leur montre durant les examens, ils me disaient que si je fais pas leur rédaction ou d’autres devoirs ils me le feront payer » (Site Fil Santé Jeunes)
Le harceleur traitera le bon élève de « fayot », « lèche-bottes » parce qu’il est peut-être jaloux de sa réussite ; en effet, sa réussite peut lui rappeler son échec et le faire souffrir. Il est difficile de regarder en face ses difficultés et de demander de l’aide. On préfère ignorer ses faiblesses (ou failles) quitte à faire souffrir l’autre : est-ce une solution ?
Le jeune qui harcèle tourne alors en rond sans surmonter ses difficultés, n’avançe pas et a honte de s’avouer qu’il a besoin d’aide.
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