Pourquoi dites-vous que le soignant ne peut pas faire grand-chose par rapport à la culpabilité ?



Il ne peut rien dire là-dessus. Il faut qu’il amène petit à petit la personne à s’exprimer elle-même et, si l’on peut dire à mettre un doute dans sa certitude d’être coupable, de manière à ce que la personne reprenne confiance en elle-même. Pour qu’elle puisse accepter l’événement.

C’est pour cela que le rôle de l’environnement social est important. La réinsertion dans la vie habituelle est nécessaire.

Il faudrait déjà qu’il y ait une reconnaissance de la société sur le fait qu’il y a vraiment des événements hors du commun qui peuvent blesser n’importe qui. Si vous tombez du cinquième étage, vous pouvez mourir. Et si par hasard vous vous en sortez, c’est normal qu’il y ait des fractures. C’est un peu la même chose pour ces personnes-là.


Quand vous dites « la société » vous pensez à la justice ?



C’est plus large que cela. Il faut vraiment tisser un environnement protecteur autour des victimes, une protection pour que la personne ne soit pas interviewée, photographiée. S’il y a des contacts avec la police, même si maintenant les policiers ont des formations, il faut vraiment aider la personne, bien penser qu’il ne faut pas qu’elles vivent un interrogatoire juste après ce qu’elles ont vécu. Imaginez… Vous avez traversé un événement très difficile, vous êtes épuisé et en plus, au lieu de sauter dans les bras de personnes de votre famille, vous avez un sas qui n’en est pas un.

Ça c’est vraiment un deuxième choc.

Alors, bon… la police fait son métier. Elle n’est pas forcée de croire tout le monde, c’est normal. Il faut donc assister la personne qui a vécu cela, l’aider en pensant qu’elle est vraiment comme « à vif ». Quelqu’un qui a 41° de fièvre, vous n’allez pas lui faire faire une interview, le prendre en photo, etc. C’est la même chose.

Parce que c’est très douloureux de se retrouver après avec des photos, des phrases qui ont été dites juste après l‘événement.

Dans les cas de viol, c’est encore plus compliqué.


Et en ce qui concerne l'entourage plus proche ?