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Se sentir coupable
Dans tous les cas, le sentiment de culpabilité est très fort. Les victimes d’un événement traumatique se sentent toujours coupables d’une partie ou de tout ce qui est arrivé (honte d’avoir été faible, d’avoir eu peur, de s’être « laissé faire »…)
Ainsi, cet homme, qui a assisté, caché et impuissant au massacre de sa famille. Des années plus tard, il se sent toujours coupable de n’avoir pu sauver les siens, de n’avoir pas essayé. Après l’événement, il se reproche de n’avoir pas préféré la mort avec eux à la survie sans eux.
Cette culpabilité, qui peut être douloureuse et destructrice, a une fonction de protection pour celui qui l‘éprouve. Elle lui permet de se défendre contre la passivité dans laquelle l’a mis l‘événement traumatique. C’est difficile à comprendre pour l’entourage et même parfois pour les professionnels, qui peuvent chercher à faire disparaître cette culpabilité.
La parole
Lors d’un événement traumatique, la parole est particulièrement touchée : il est difficile d’en parler. D’une part parce que le traumatisme attaque la confiance - en particulier la confiance en l’autre quand il s’agit de traumatismes liés à la violence humaine. D’autre part, parce que le traumatisme abîme l’idée que l’on a de soi.
Pourtant, fréquemment, les victimes de traumatisme essayent de parler de ce qu’elles ont vécu. Et si l’entourage n’est pas à l’écoute, disponible, elles peuvent se refermer sur leur secret.
D’autres signes peuvent apparaître. Ils se développent en général plus tardivement.
Ils peuvent être de toutes sortes : troubles corporels plus ou moins graves, troubles anxieux, dépressifs (fatigue, repli sur soi, difficultés de concentration, irritabilité, accès de colère…), troubles alimentaires, dépendances (alcool, drogues…), scarifications, troubles du sommeil…
Chez certaines personnes, la personnalité toute entière semble se modifier. Elles peuvent perdre leur autonomie, leurs capacités d’initiatives, développer une grande méfiance, s’isoler...
Certaines expériences peuvent aggraver les effets du traumatisme.
Ne pas être entendu, se sentir incompris, accusé parfois. Avec la police, les médecins, certaines questions très précises, posées sans être expliquées, viennent « appuyer » sur la culpabilité en même temps qu’elles replongent dans les détails de l’événement traumatique.
Le même phénomène peut se produire avec la famille, l’entourage. S’entendre dire, par exemple : « Mais pourquoi tu ne t’es pas débattue ? » ou : « Bon ben t’es pas mort, hein, tu as eu de la chance. Maintenant c’est fini, il faut oublier et passer à autre chose. » est difficile à vivre.
Pour les proches, cela peut être dur d’écouter cette expérience traumatique. Cela peut faire peur ou fasciner - et la fascination n’est pas thérapeutique. Il faut être armé pour affronter, même indirectement, la violence que ces personnes ont expérimentée, d’être confrontées à la mort, à l’indifférence, à la cruauté...
Il faut l’être aussi pour pouvoir faire face à la demande que les victimes de traumatisme adressent au monde : demande de soutien, de tendresse, d’amour, d’un regard, d’une oreille et d’une parole qui viendrait les reconnaître comme êtres humains et pour remettre de la vie, du contact.






