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Entretien avec Caroline Rey-Salmon, pédiatre
Réalisé en Avril 2010 pour le site Jeunes Violences Ecoute
Quelques mots de présentation
Je suis pédiatre et médecin légiste, expert judiciaire. Je suis responsable de l’Unité médico -Judiciaire de l’Hôpital Armand Trousseau qui traite des enfants et de celle de l'Hôtel Dieu qui traite des adultes.
L’Unité médico judiciaire de l’Hôpital d’Enfants A. Trousseau à Paris est pionnière dans la prise en charge des mineurs ? Dans quel contexte a-t-elle été créée ?
Cette unité médico-judiciaire a été créée le 1er septembre 2003. Elle est destinée à recevoir les mineurs victimes, notamment victimes d’agressions sexuelles pour leur offrir une prise en charge adaptée à leur âge. Cette unité a été créée car l’Unité médico judiciaire de l’Hôtel Dieu n’offre pas les conditions nécessaires et suffisantes pour une prise en charge adaptée des mineurs. On est la seule unité médico judiciaire pédiatrique.
Il existe cependant des unités d’accueil des jeunes victimes qui sont mises en place en France notamment sous l’impulsion de l’association La voix de l’enfant. Il s’agit d’organiser au sein des services de pédiatries, notamment dans les villes de moyenne importance, un regroupement des forces lorsqu’il y a une histoire d’agression sexuelle. Dans ce cas, les policiers viennent dans le service de pédiatrie, auditionnent l’enfant sur place et l’examen médical a lieu à la suite.
Les autres unités médico-judiciaires voient les enfants et les adultes. Il y a une UMJ par département.
En quoi consiste votre activité à l’Unité médico-judiciaire de l’Hôpital d’Enfants A. Trousseau à Paris ?
Cette unité est chargée d’effectuer sur réquisition, c’est-à-dire à la demande soit des magistrats, soit des officiers de police judiciaire, des examens de mineurs victimes quand les faits se sont passés à Paris. L’année dernière, nous avons reçu environ 1500 mineurs victimes à l’hôpital Trousseau. Cette unité est spécialement chargée d’effectuer des constatations médico-légales, des prélèvements médico-légaux et de déterminer si il y a une Incapacité de travail totale (ITT), c’est-à-dire le temps pendant lequel la victime est dans l’impossibilité d’effectuer les gestes de la vie courante.
Il y a deux volets dans les examens : le volet médical (examens physiques, somatiques, gynécologiques) et le volet retentissement psychologique effectué par les psychiatres de l’unité de pédopsychiatrie de l’Hôpital Trousseau. On travaille en lien avec le service de pédopsychiatrie et on est regroupé au sein d’un centre de victimologie pour mineurs victimes de Paris.
Nous faisons des constatations. Nous ne sommes pas amenés à faire du suivi au long court. Nous accueillons et nous recevons les victimes et leurs parents d’une façon la plus adaptée possible, nous effectuons les constatations et nous orientons les victimes vers une prise en charge avec nos partenaires extérieurs.
Pouvez-vous nous parler des personnes que vous recevez ?
On reçoit environ 300 suspects de victimes d’agressions sexuelles par an. Nous recevons les 0-18 ans. Nous constatons que nous avons autant d’enfants de 0-5 ans, que de 5-10 ans, que de 10-15 ans et de plus de 15 ans. Il y a une proportion à peu près égale dans chacune de ces catégories. Il faut donc s’adapter. On ne peut pas faire c’est vrai la même prise en charge pour un enfant qui a 4 ans et une jeune fille de 16 ans.
On reçoit plus de filles. On pense qu’il y a une victimisation sexe dépendant notamment à partir du début de l’adolescence. On pense qu’il y a plus d’agressions sexuelles commises sur des filles que sur des garçons. Mais on reçoit aussi des garçons. On se rend compte qu’ils ont beaucoup plus de mal à dénoncer les agressions sexuelles qui sont perpétrées par des hommes très majoritairement. Ça les met en difficultés dans le sens de leur orientation sexuelle. Dénoncer que l’on a été victime d’un homme quand on est un garçon, ça laisserait à penser que peut-être ensuite il va y avoir une orientation homosexuelle de la sexualité. Et donc ça pose pas mal de difficultés aux garçons de dénoncer les faits.
En général, à la suite d’une agression sexuelle, la victime se rend à l’hôpital et au commissariat. En quoi est-ce différent si elle se rend dans une Unité médico-judiciaire ?
On n’est pas un service de police. On n’est pas chargé de faire une enquête à propos des déclarations d’un enfant ou des signes qu’il présente ou d’un comportement. On est chargé de faire des constatations. C’est la différence avec la Brigade de Protection des mineurs de Paris qui centralise les affaires d’agressions sexuelles à Paris. On a un partenariat étroit avec cette brigade.
En quoi est-ce différent d’un autre hôpital ?
On ne fait que des examens de victimes donc on a une grande habitude de les faire. On prend des photos systématiques des examens pour éviter d’autres examens ultérieurs sur le même mineur. On pourrait donner nos clichés photographiques à un magistrat s’il voulait solliciter un autre expert pour vérifier ou corroborer ce que l’on a écrit dans notre rapport. On a l’habitude de faire les prélèvements médico-légaux, de sperme, d’empreintes génétiques.
Les jeunes qui viennent dans notre unité sont toujours passés par la Brigade des Mineurs avant. Si un jeune se présente ici spontanément pour dénoncer des faits de viol, de violences sexuelles, on va prendre attache avec la Brigade des Mineurs. Et en général le jeune va être d’abord entendu par la Brigade des Mineurs, quitte à ce qu’ils nous le renvoient pour un examen. Il y a toujours un sasse par le service judiciaire.
Si le jeune dénonce des faits qui viennent de se commettre, il est fréquent que la Brigade nous demande de pratiquer l’examen avant l’audition. On ne peut pas effectuer un acte de constatation médico-légal sans l’aval du service de police.
Comment préparez-vous l’enfant ou l’adolescent à l’examen gynécologique suite à une agression sexuelle ?
Mme Vasseur, infirmière puéricultrice et Mme Miéra, infirmière, ont développé un accueil spécifique des mineurs victimes de violence. Elles ont remporté les Victoires de la médecine 2006 dans la catégorie soins infirmiers sur l’accueil des mineurs victimes d’agressions sexuels. Elles ont vraiment développé un programme d’accueil spécifique distinguant l’accueil des petits et celui des grands.
Il faut savoir que l’on ne revient pas sur les faits d’agression sexuelle. Comme l’enfant a déjà été entendu à la Brigade de protection des mineurs et que nous avons un lien avec les fonctionnaires de ce service, l’officier de police qui va nous solliciter pour un examen va nous expliquer le contexte. On n’aura pas à réinterroger l’enfant. Ce qui est bien puisqu’ un des soucis quand même ce sont les multiples auditions des enfants.
Il y a des enfants qui nous parlent spontanément bien sûr mais on ne va pas chercher à savoir ce qu’il a pu dire au service de police. Donc avec les petits, le parti pris c’est de recevoir le ou les parents d’abord sans l’enfant avant l’examen pour leur expliquer le déroulement de l’examen. Il y a beaucoup de craintes par rapport aux gestes que l’on va faire, quels instruments on va utiliser. Avec un petit on ne va pas instrumentaliser l’examen, il suffit de regarder. Donc ça permet de rassurer les parents d’une part sur ce que l’on va faire, leur dire qu’ils vont être présents pendant l’examen. A ce moment, il y a des parents qui ont besoin de nous dire leur culpabilité, leur honte ou d’autres sentiments qu’ils souhaitent exprimer. C’est mieux que l’enfant ne soit pas présent dans ce premier temps.
Pendant ce temps, dans la salle d’attente, l’infirmière va proposer à l’enfant des jeux et observer son comportement. Comment se sépare-t-il de son parent, est-il agité, calme, de quoi parle-t-il ? Ensuite on recevra l’enfant avec l’accompagnant (le parent, l’assistante familiale, cela dépend du contexte) qui assistera à l’examen médical. On lui donnera un compte rendu oral de ce que l’on a vu, de ce que l’on a observé. On lui demandera aussi notre accord pour les photos, les prélèvements. Donc cela permet de redonner aux parents sa place de détenteur de l’autorité parentale sur le mineur. Les parents ont souvent l’impression que tout leur échappe avec une procédure judiciaire dans laquelle ils ne contrôlent plus rien. On est à l’hôpital, avec une culture hospitalière, une culture du soin qui fait que l’on essaie d’intégrer les parents dans la prise en charge.
Avec les plus grands c’est différent. On va recevoir le jeune seul. Souvent il ne souhaite pas que le parent participe à l’examen et il souhaite nous poser des questions. Ils ont l’impression que comme on va faire l’examen, on va tout savoir ce qu’il s’est passé. Il y a des choses qu’ils n’ont pas dites à la police de leur vie amoureuse, de leur vie sexuelle, qu’ils ont tendance à nous délivrer quand ils arrivent ici.
On fait toujours l’examen à deux : le médecin avec l’infirmière. L’infirmière, c’est une aide technique et aussi la garantie de rester réceptif à l’état de l’enfant. Et pouvoir interrompre l’examen si c’est nécessaire, faire une pause. Une fois que l’on aura examiné le jeune, on recevra les parents l’accompagnant pour faire un compte rendu. On fera un rapport détaillé que l’on enverra au service de police de la Brigade des mineurs. Avec ces éléments, ils peuvent comparer ce que leur a dit le mineur avec nos constations. Est-ce que c’est compatible ou non.
Il y a aussi tout le volet psy, le retentissement psychologique pour une évaluation des besoins du jeune, de son parcours, de ses difficultés. C’est un vrai examen pédopsychiatrique qui va explorer la vie familiale, la scolarité, les intérêts du jeune, éventuellement les violences qu’il a subies et en faire une synthèse. Le pédopsychiatre n’hésite pas à indiquer ce qu’il pense pour une prise en charge quand c’est nécessaire. Ce n’est pas parce que l’on a été victime d’agression sexuelle qu’on a obligatoirement besoin d’aller voir le psychiatre en tout cas d’emblée. Cela peut émerger plus tard.
On doit faire un suivi sérologique pour les Infections sexuellement transmissibles : au moment de l’agression, un mois après et quatre mois après. Ce temps nous permet d’évaluer comment va le jeune après l’agression et de savoir si il a besoin d’une prise en charge. C’est dans un second temps que l’on peut lui indiquer une prise en charge. Il peut y avoir des difficultés qui peuvent émerger au fil du temps.
A quoi sert ensuite cet examen ?
Notre examen sert à rassurer les jeunes et leur famille sur l’intégrité corporelle, sur ce que l’on a constaté. Mettre des mots simples, sur ce que l’on observe, sur les prélèvements, sur les sérologies. Donc on a tout un but de réassurance. Quand on fait une sérologie VIH à un jeune, on va le rassurer au bout de 4 mois que non il n’y aura pas de problème, c’est essentiel pour qu’il puisse continuer son parcours.
Ici on utilise des grenouilles en peluche pour l’examen médical du très jeune enfant, pour lui expliquer dans quelle position il doit se mettre. On utilise également ces peluches grenouilles pour l’examen de retentissement psychologique. L’enfant peut mettre en scène son agression en utilisant différentes peluches. Une va le représenter, une autre ses parents, une troisième son agresseur.
Dans l’examen des filles pré-pubères, l’examen médical est pratiqué en position dite « de la grenouille ». Notre puéricultrice a pris ça au pied de la lettre. Elle a acheté une première grenouille Joséphine qui a fait pas mal de petits. Comme objet transitionnel, ça marche bien. Même les ados les utilisent parfois. Ils régressent pas mal au moment de l’examen.
Vers quel professionnel orientez-vous ensuite les mineurs victimes d’agressions sexuelles ?
On les oriente vers leur médecin traitant pour le suivi général. On oriente aussi vers le service de pédopsychiatrie de l’hôpital. Le pédopsychiatre qui prendra en charge le mineur ne sera pas celui qui a fait les constatations .Il y aura un relais entre le pédopsychiatre qui a fait les constatations et le pédopsychiatre ou le psychologue qui prendra en charge le suivi. Il y a des jeunes qui sont déjà pris en charge : on fait alors un travail de liaison avec l’ancienne prise en charge. On reçoit des personnes qui habitent loin, donc il faut trouver des structures de professionnels à proximité (pour le suivi sérologique par exemple). On oriente aussi vers Paris Aide aux Victimes pour des prises en charge psychologiques, des conseils juridiques. On adresse aussi les jeunes à l’antenne mineure du Barreau de Paris : il y a des avocats qui sont dédiés pour aider les jeunes, pour leur donner des informations sur leur droit, les aider dans leur démarche… On a tout un panel de professionnels avec lesquels on peut travailler.
Quel est le rôle des interventions médico-légales dans le processus de « réparation » judiciaire et psychologique dans le cadre des violences sexuelles ?
Il y a beaucoup de réassurance qui est donnée par rapport à l’examen, aux constatations, aux prélèvements. On sait très bien que l’accueil est fondamental dans toute prise en charge. Un accueil réussi tel qu’il est pratiqué par les infirmières ici, c’est la garantie que l’on va prendre en considération ce que dit le jeune, qu’on va l’examiner en le respectant, en lui donnant des informations, en accédant à un certain nombre de demandes, de questions qui peut nous poser. Tout cela favorise beaucoup le processus de réparation. C’est très important de lui redonner sa place d’acteur. Et aux parents aussi, comme acteurs de la santé de leur enfant.
Ce qui permet aussi d’engager le processus de réparation, c’est que l’on est extrêmement attentif à l’orientation. Il ne s’agit pas juste de faire un constat. Il s’agit de percevoir les besoins du jeune et de sa famille pour vraiment engager quelque chose d’utile par la suite. On a un certain nombre de retours des jeunes que l’on a reçus.
Il y en a qui reviennent régulièrement. Ils ont créé un lien avec l’infirmière. Au moment du procès, on les revoit car on va aux assises. Il peut y avoir entre 2, 3, 4, 5 ans entre l’examen et le procès. Le jeune aura beaucoup changé. Parfois à l’occasion du procès, ils ont besoin de venir nous revoir. Il y en a aussi qui demande à revoir le psy également. On est des maillons d’une chaine.
Quels conseils donneriez-vous à un ou une jeune qui a été victime de violences sexuelles et qui n’ose pas en parler à ses proches ? (Réponse à 2 voix)
Je laisse la parole à Patricia qui a ouvert le service. Elle est là depuis le premier jour.
Je suis Patricia Vasseur, infirmière puéricultrice. On ne fonctionne pas franchement par conseil. Il faut voir au cas par cas. Tous les cas sont différents. Il faut voir pourquoi ils ne veulent pas en parler. Ce sont des peurs différentes. Souvent ce sont des peurs d’être mal reçus par les policiers. Il y en a qui ont peur de l’agresseur quand il a menacé. Donc il s’agit de les écouter et de voir quelle est la peur spécifique qui les empêche. Si c’est la peur d’aller à la police, il faut leur expliquer comment ça se passe à la police, comment se déroule l’examen médical. Il faut voir le problème et donner des pistes pour le résoudre.
Il y a toute une information à donner. Pour des mineurs, c’est à la Brigade des mineurs qu’il faut aller. S’ils vont au commissariat de quartier, qui les envoie au grand commissariat d’arrondissement qui les envoie à la brigade des mineurs, ils n’ont plus envie d’y aller. C’est vraiment de l’information juste qui correspond à une demande juste.
Dans les cas où ils ont peur, il y a forcément quelque chose qui leur fait plus peur et qui les empêche d’aller faire ces démarches. Si c’est quelqu’un qui est encore dans leur entourage ou pas. Quand les agressions ont lieu dans la famille, la seule solution c’est la plainte. Il faut également voir dans la famille s’il y a quelqu’un de confiance, à qui il puisse en parler, les accompagner et les aider dans la démarche.
Caroline Rey-Salmon : il faut aussi leur expliquer que les policiers qui travaillent à la Brigade des mineurs sont des professionnels qui sont spécialisés pour les mineurs, qu’ils ne font que ça. C’est ouvert 24heures sur 24.Il y a une permanence. On peut appeler ou se rendre directement à la Brigade de protection des mineurs.
Patricia Vasseur : je suis allée faire un stage à la Brigade des Mineurs et je me souviens d’une personne qui a été accueillie alors qu’elle était majeure. Elle avait été victime de violences sexuelles quand elle était enfant. Elle n’a pas pu porter plainte car elle était majeure mais son audition a duré trois heures alors que le policier savait que c’était prescrit, mais il savait qu’elle avait mis 15 ans pour porter plainte.
Caroline Rey Salmon : Ce que l’on peut dire aux jeunes c’est de se faire accompagner par une personne de confiance dans ses démarches. Ça peut être un ami, un professeur. Se faire accompagner c’est important car ce sont des démarches qui sont compliquées. Ce n’est pas évident de pousser tout seul la porte de la Brigade des mineurs.
Patricia Vasseur : On en a beaucoup qui nous disent. « Je ne veux pas en parler », « je vais faire ma vie comme ça », « je vais oublier ». A partir du moment où ils appellent votre ligne c’est qu’ils veulent vous parler, être aidé.
Caroline Rey Salmon : A partir du moment où sur la ligne Jeunes Violence Ecoute, ils viennent à parler de ces violences sexuelles c’est pour qu’on en fasse quelque chose. Ce n’est jamais gratuit. Si ils vous disent « je vous parle de cela mais je n’ai pas envie de déposer plainte », ils attendent quand même une réponse professionnelle sur cette question là. De vous appeler c’est déjà énorme. Ensuite il faut décoder et cela doit prendre du temps.
Il y a des personnes qui ont été victime de violences sexuelles et qui ont réussi à fonder une famille, à avoir un travail qui les intéresse sans en avoir forcément parlé à un psy. Il y a des personnes qui ont porté plainte mais n’en n’ont pas parlé à un psy et vont très bien. Il y en a aussi qui vont très mal et qui ont vraiment besoin. Il ne faut pas croire que forcément quand il nous arrive quelque chose, si on ne voit pas de psy notre vie est terminée.
Les jeunes ont très peur des psys. Ils ont l’impression que si on va voir le psy c’est que l’on est fou et ils ont l’impression qu’ils vont en prendre pour 10 ans. Alors que pour certaines victimes, 3-4 séances ça peut suffire. Quitte à ce qu’il reprenne plus tard. Personne ne réagit de la même manière. Il faut examiner quels sont les besoins du jeune pour savoir de quoi il en retourne. On ne peut pas préjuger de ce dont à besoin un jeune. Lui brandir le psy, c’est contre productif, c’est évident.
Patricia Vasseur : C’est aussi une question de temps. Quand l’agression sexuelle vient de se passer, ils ne veulent pas entendre parler du psy. C’est dans un second temps, quelques mois plus tard, ils se rendent compte que ça ne va pas si bien que cela. Ils n’arrivent plus à travailler à l’école, ils n’arrivent plus à dormir, ne pensent qu’à ça. Donc là c’est beaucoup plus facile. Il s’agit donc d’attendre le bon moment. Ce n’est pas quelque chose qui s’impose dès le départ mais ceux qui en ont vraiment besoin il faut vraiment attendre. Cela peut prendre des mois voire des années.
Caroline Rey Salmon : Je pense que, que ce soit sur une ligne téléphonique, dans un service hospitalier, dans un service de police, de la manière dont le jeune va être accueilli va dépendre ensuite une grande partie sa prise en charge et de la confiance qu’il va pouvoir mettre dans les adultes qu’il va rencontrer. J’en suis persuadée.
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
-
Rey-Salmon C, Messerschmitt P. , « Agressions sexuelles chez l'enfant ». In: Traité de médecine légale et de droit de la santé. Paris, Vuibert, 2010 -
Rey-Salmon C, « Agressions sexuelles ». In Principes de médecine légale, 2ème édition. Paris, Arnette, 2010
SEPTEMBRE 2010
L'UNITE MEDICO-JUDICIAIRE POUR LES ENFANTS, DONT CAROLINE REY-SALMON EST RESPONSABLE, SE TROUVE A PRESENT AU SEIN DE L'HOTEL DIEU.






