La fin justifie les moyens

On a tous entendu ce proverbe, un jour ou l’autre. Il est plus souvent employé au second degré, avec de l’humour ou de la distance critique.

Il résume en une toute petite phrase une politique qui consiste à penser que l’importance ou la noblesse du but poursuivi (la fin) autorise l’utilisation de moyens immoraux, destructeurs, etc.

Au nom de ce principe, on peut par exemple s’octroyer le droit de s’en prendre physiquement à des personnes si c’est pour défendre une juste cause. Si on considère qu’être premier de la classe ou avoir une promotion est une cause juste, on peut, avec une telle idée, casser la figure, menacer, faire du tort, à ceux que l’on considère comme des obstacles.

Dit comme ça, on voit bien que ce n’est pas très moral et surtout que ce n’est pas vrai. Car qui décide de la justesse et de la noblesse d’une cause ? Ceux qui la défendent ? La société ? L’histoire ?

On n’est jamais sûr de défendre une bonne cause. Très souvent dans l’histoire, des fous et des tyrans ont cru défendre une juste cause que nous regardons aujourd’hui avec horreur, justement parce qu’en son nom, ont été commises des atrocités.

Ainsi, beaucoup des massacreurs de la Saint Barthélémy, qui assassinèrent 30 000 personnes en France le 24 août 1572 et les jours suivants, croyaient défendre la foi chrétienne en danger contre des « hérétiques ».

On voit qu’une cause se déshonore et se perd parce que ses partisans commettent des actes injustes. C’est en mettant en pratique l’idée que la fin justifie les moyens que l’on rend cette fin inacceptable.

L’origine de ce proverbe n’est pas très claire. Certains attribuent sa paternité à Machiavel, philosophe et homme politique de la Renaissance, auteur du fameux traité de politique Le Prince et père du machiavélisme, d’autres à Robespierre, acteur majeur de la Révolution française, d’autres encore à Philippe de Commynes, homme politique et chroniqueur de la deuxième moitié du XVème siècle.   Trois hommes politiques qui ont examiné de près les mœurs politiques de leur temps.