Plus fait douceur que violence

Comme beaucoup de proverbes, celui-ci est en fait un extrait d’une œuvre littéraire, passé ensuite dans la langue courante. C’est la fin d’une fable de La Fontaine, Phébus et Borée, qui raconte un pari entre Phébus - le soleil - et Borée - le vent du Nord.

Chacun parie qu’il réussira à dépouiller un voyageur de son manteau. Borée souffle de toutes ses forces pour essayer d’arracher le manteau des épaules de l’homme mais il n’y arrive pas :

« Notre souffleur à gage
Se gorge de vapeurs, s'enfle comme un ballon,
Fait un vacarme de démon,
Siffle, souffle, tempête, et brise en son passage
Maint toit qui n'en peut mais, fait périr maint bateau ».

Quand vient son tour d’agir, Phébus se met à briller, à chauffer et rapidement, sans même utiliser toute sa puissance, il fait tellement transpirer le voyageur que celui-ci enlève son manteau. Le Soleil a gagné, en douceur, ce qu’explique ce dernier vers devenu proverbe : « Plus fait douceur que violence. »

Pour écrire cette fable, La Fontaine s’est inspiré d’une fable de l’auteur antique Esope, « Borée et le Soleil ». 

Le Soleil apparaît dans la fable sous le nom de Phébus – « le brillant ». C’est l’un des noms d’Apollon, dieu grec des arts, de la divination mais aussi de la lumière. Dans sa jeunesse, en effet, Apollon a volé la foudre à Zeus, son père et détruit le char du soleil (dans la mythologie grecque, le Soleil est sur un char), qu’il est ensuite obligé de conduire. C’est à ce moment là qu’il acquiert le nom de Phébus.

« Borée » est la traduction française du grec ancien Boréas, qui veut dire « le vent du nord ». Dans la mythologie grecque, Borée est le fils d’Eos (l’aurore) et du titan Astrée. Il a pour frère Zéphyr et Notos, et pour sœurs les étoiles. Il appartient à la race des Titans qui incarnent les forces primaires de la nature.