Qui aime bien, châtie bien

C’est la traduction française d’un proverbe latin : « Qui bene amat bene castigat » qui fait référence à l’éducation patriarcale des enfants.

D’autres préceptes éducatifs de ce genre se retrouvent dans les textes fondateurs de la civilisation occidentale, en particulier dans la Bible : « N'épargne pas la correction à l'enfant.» (Proverbes 23:13), « Reconnais en ton cœur que l'Eternel, ton Dieu, te châtie comme un homme châtie son enfant. » (Deutéronome 8:5), « Car l'Eternel châtie celui qu'il aime, Comme un père l'enfant qu'il chérit. » (Proverbes 3:12).

 Pendant très longtemps, dans notre civilisation comme dans d’autres (en Chine ancienne par exemple), les châtiments corporels ont fait partie intégrante de l’éducation des enfants. Les justifications étaient diverses : « endurcir » les jeunes, les rendre obéissants – l’obéissance étant un élément fondamental des sociétés monarchiques et patriarcales – etc.

Des débats ont eu lieu à ce propos entre penseurs de l’éducation. Tous n’étaient pas d’accord sur le type et la sévérité des châtiments corporels, ni sur leurs objectifs. Les débats à ce propos ont évolué d’une époque à une autre. Même si quelques grands penseurs se sont élevés contre ces pratiques dès l’Antiquité et après (Quintilien, Montaigne…), elles étaient si bien ancrées dans les mœurs que les missionnaires français du XVIIème siècle furent stupéfaits de découvrir que les Indiens d’Amérique ne frappaient jamais leurs enfants.

Ce n’est qu’au XIXème siècle que les lois de certains pays ont commencé à interdire les châtiments corporels dans les écoles.

Aujourd’hui, en France, le proverbe est plus souvent employé ironiquement que sérieusement.