Happy slapping

Le happy slapping devrait être drôle puisque « happy » veut dire « joyeux » en anglais. Or il n’en est rien et ceux qui en ont été victimes le confirment.

Le happy slapping (« joyeuses baffes » ou « vidéo baffes » en français) s'est répandu en France et semble se banaliser. Le mouvement se serait d'abord développé dans le sud de Londres, puis à travers l'Europe et le nord des Etats-Unis. Il semblerait que cette pratique n’ait d’intérêt que pour celui qui en est l’auteur. C’est lui qui y voit le côté « joyeux », mais les victimes, elles, risquent d’être profondément ébranlées et fragilisées.


Qu’est-ce que c’est ?

Il s’agit d’une pratique consistant à filmer l'agression physique d'une personne à l'aide d'un téléphone portable. Les séquences filmées mettent en scène un agresseur ou un groupe d’agresseurs attaquant par surprise une victime, généralement seule. Ces attaques sont des assauts-surprises sans autre motivation que celle de « s’amuser » en frappant quelqu’un.


Les téléphones portables possèdent aujourd’hui presque tous des appareils photos et des caméras intégrées : la scène de violences est filmée et ensuite diffusée sur Internet. Ces agressions peuvent être extrêmement violentes. Le happy slapping peut dégénérer en coups répétés, attaques sexuelles voire viol. Ces scènes de violences filmées deviennent ensuite des médailles envoyées sur Internet pour valider l’exploit.



Que dit la loi ?


Une loi sur la délinquance du 5 mars 2007 prévoit désormais de lourdes sanctions contre le happy slapping et la diffusion de vidéos. En effet, les « trois acteurs » de l’agression peuvent être sanctionnés :

  • L’agresseur lui-même, c’est-à-dire celui qui a porté les coups
  • Le complice, c’est-à-dire celui qui a filmé l’agression et qui risque les mêmes peines que l’agresseur lui-même. Cela peut aller jusqu’à la réclusion à perpétuité, selon la gravité de l’acte.
  • Le diffuseur, c’est-à-dire celui qui a diffusé la vidéo sur Internet.


La peine prévue peut aller jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende.