Soirées et week-ends d'intégration : bizutage masqué
Bizutage masqué
Le bizutage est interdit. C’est un délit puni par la loi du 18 juin 1998. Cependant beaucoup de soirées et week-ends d’intégration, les « wei » sont en fait souvent des bizutages camouflés.
Au moment des rentrées dans l’enseignement supérieur public ou privé (classes préparatoires, écoles, universités…), les nouveaux jeunes étudiants peuvent être conviés à des soirées ou week-ends d’intégration. Ils peuvent être confrontés à des pratiques de bizutage.
Atteinte à la dignité humaine
Les bizuteurs mettent en place des rites souvent dégradants, humiliants, qui portent atteinte à l’intégrité physique ou morale des personnes. Le bizutage peut reposer sur des techniques de manipulations mentales (privation de sommeil, perturbation de l’alimentation, obligation de boire de l’alcool au risque de comas éthyliques…) qui font accepter aux nouveaux étudiants des choses qu’ils n’auraient pas acceptées dans d’autres circonstances.
Or personne n’a le droit d’obliger quelqu’un à se soumettre à une autorité arbitraire pour lui faire faire des choses qu’il n’a pas envie de faire, qui le choquent, qui le gênent, qui l’abaissent. La loi vise à la protection de la dignité humaine au-delà même du consentement de la personne. Les auteurs qui pratiquent le bizutage risquent 6 mois d’emprisonnement et 7500 euros d’amende (Art 225-16-1 du code pénal).
Les bizuteurs défendent ces pratiques en expliquant qu’ils n’ont obligé personne à participer au bizutage, qu’il s’agit du respect des traditions de l’école, que c’est un bon moyen de souder le groupe.
Les étudiants victimes peuvent ressentir de la honte, avoir envie de dénoncer les pratiques de bizutage mises en place lors des soirées ou week-end d’intégration mais n’osent pas, par crainte de représailles (exclusion, isolement, phénomène de bouc-émissaire…). Cependant, même si la loi du silence reste trop souvent la règle, des plaintes sont régulièrement déposées.
Agir contre le bizutage
Pas toujours facile de dire non car on peut avoir peur de ne pas intégrer le groupe, d’être pointé du doigt.
Si un bizutage est annoncé dans un établissement, il est important d’avertir rapidement toute personne susceptible d’agir : parents, proches, professeur, directeur d’établissement.
Trouver du soutien :
- Visitez le site internet www.sos-bizutage.com - Vous pouvez contacter SOS Bizutage soit par téléphone au 06 60 29 43 76 ou envoyez un message sur contact@sos-bizutage.com
- Contactez Jeunes Violences Ecoute (0 808 807 700 – numéro anonyme et gratuit où des psychologues et des juristes peuvent vous aider – tous les jours de 8h à 23h)
- Comité National Contre le Bizutage – CNCB - vous pouvez envoyer un message sur contrelebizutage.free.fr
Si le bizutage a quand même lieu, il est important de :
- recueillir des preuves : date, heure, lieu, faits, personnes en cause…
- consulter un avocat
Son rôle est de conseiller et de défendre. C’est généralement gratuit car le jeune étudiant peut obtenir l’aide juridictionnelle. Pour connaître les coordonnées d’un avocat, on peut s’adresser à l’ordre des avocats qui existe dans chaque Tribunal de Grande Instance.
- porter plainte
En écrivant au Procureur de la République du Tribunal de Grande Instance du lieu de l’infraction, ou dans n’importe quel commissariat de police ou à la gendarmerie.
A condition de le demander, les témoignages peuvent se faire sous couvert d’anonymat.
- saisir la Défenseure des Enfants
(Si le jeune est mineur au moment des faits) en écrivant à :
Défenseur des Enfants, 104 boulevard Blanqui, 75013 Paris
Source :
En finir avec le bizutage, guide du Comité National Contre le Bizutage







