Etre parent, ça ne va pas de soi

Les relations des adolescents avec leurs parents sont parfois tellement conflictuelles qu’un climat de violence apparaît. Il est difficile d’aborder le sujet de la violence de l’adolescent dans le cadre familial. C'est pourtant en en parlant que des solutions deviennent imaginables.


Être parents, ça ne va pas de soi, ça s’apprend... Dès les premiers instants de vie de l’enfant, les choses se mettent en place. C’est dans l’interrelation parents/enfants que tout se construit, et s’ajuste. La façon dont chaque adulte va appréhender et occuper cette fonction parentale dépend de sa
propre histoire.


Certains acteurs politiques, sociaux, parlent de « parents démissionnaires ». Que penser de cette expression ? N’est-elle pas en soi culpabilisante à l’égard des parents. Ne porte t- elle pas une volonté réductrice ? La réalité est complexe, il n’y a pas de « bons » et de « mauvais » parents . Cette vision manichéenne fait l’économie du constat réel que toute famille « peut rencontrer des dysfonctionnements, des insatisfactions de part et d’autre. Les parents, comme les enfants, font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils sont.


L’adolescence est souvent une période déconcertante tant pour les adolescents que pour les parents. Cette période nécessite une adaptation de part et d’autre. Les bouleversements que vivent les adolescents avant d’atteindre l’âge adulte bien que connus sont souvent vécus comme éprouvants pour tous. Le parent est en effet fragilisé au moment de cette période et doit rechercher un soutien, s'il en éprouve le besoin, auprès de ses pairs, mais surtout auprès de professionnels.


L’adolescence est en effet une période de fragilité, les conflits sont difficiles à gérer, les transformations physiques et psychologiques s'avèrent parfois de véritables traumatismes. La violence peut alors prendre la place des mots.


Cependant, il faut bien distinguer cette violence de celle constitutive du processus adolescent. De fait, les conflits entre parents et enfants à l’âge de l’adolescence sont inévitables et même nécessaires. Ils sont structurants pour l’adolescent qui cherche, entre autre, à s’identifier, à se distinguer et à s’autonomiser. Il teste les limites en s'opposant à ses parents. Il cherche sa place, en se confrontant à la loi, également auprès d'autres adultes. Ce processus porte donc en son sein une dimension violente.

Une trop grande violence de l’adolescent : un sujet tabou.


La violence de l’adolescent dans le cadre familial demeure encore un sujet tabou. Comment expliquer la peur, le sentiment de solitude ressenti par certains parents face à leur adolescent ? Qui peut comprendre l’angoisse que génère la violence de son propre enfant ? Que faire face aux insultes, menaces et/ou violences physiques de son adolescent ? La violence de l’adolescent laisse les parents en plein désarroi.


Bien souvent, cette situation s’installe progressivement et va crescendo. La famille toute entière peut alors se refermer sur ce « huis clos » violent. On ne communique plus ni à l’intérieur, ni à l’extérieur du cercle familial. Les parents ne s’autorisent plus à poser des limites ou à faire des réflexions à leur enfant, de peur de provoquer sa colère. La violence de l’adolescent occupe alors toute la place et modifie les interactions familiales. L’adolescent impose sa loi au sein de la famille, la place de
chacun est mise à mal.


Cette violence n’est pas constructive pour l’adolescent et doit être envisagée comme le symptôme d’une grande souffrance. Quand les mots ne suffisent plus à exprimer les maux, la violence peut s’installer.


Ces comportements violents peuvent se répéter alternant avec des moments d'accalmie apparente. Néanmoins, la souffrance, pour l'adolescent comme pour les parents, est toujours là.

Apaiser, « Soigner » la souffrance.


Souvent les difficultés ne se limitent pas à la sphère familiale. Elles peuvent être perçues dans d'autres lieux de vie comme l'école par exemple. Leurs manifestations peuvent s’accompagner d’un repli sur soi, de sentiments de tristesse, d'échec scolaire, de consommations de toxiques, voire d'agressivité retournée contre soi ou contre autrui.


C’est à ce moment-là qu’une aide extérieure est à trouver, même si la solution peut ne pas être immédiate. Pour l'adolescent, comme pour le parent, ou tout autre membre de la famille, faire cette démarche peut permettre de faire évoluer la situation.


Appeler une ligne d'écoute comme celle de Jeunes Violences Écoute (joignable au 0808 807 700) peut permettre à l'adolescent, au parent, de parler de sa situation et d'être orienté vers des professionnels.


En effet, suite à l'entretien téléphonique, une orientation adaptée à la singularité de la situation familiale pourra être proposée : espace parents, point accueil écoute jeunes...


Il semble en effet important de pouvoir se tourner rapidement vers des professionnels afin d'être soutenu et accompagné.

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