Jeux dangereux

Dans les cours de récréation, lieu de détente et de jeux par excellence, est apparu depuis quelques années un certain nombre de jeux dits dangereux car ils mettent en péril l'intégrité physique et psychique des enfants qui s'y adonnent et peuvent aller jusqu'à la mort.

A partir de sa pratique et de ses travaux de recherche, Grégory MICHEL, docteur en psychopathologie, a distingué deux types de jeux dangereux : les jeux d'agression et les jeux de non-oxygénation.

Sur 400 collégiens, il constate que 12,5 % se sont livrés aux jeux de non-oxygénation et 12,25 % aux jeux d'agression. Si pour G. Michel, l'âge moyen d'initiation à ces jeux est de 12 ans. Quoiqu'il en soit, ces données statistiques confortent l'inquiétude des pouvoirs publics face à ce phénomène.

Les jeux d'agression :

Les jeux agressifs, quelque soit la forme prise, ont un objectif commun : faire mal. Cette violence physique gratuite est généralement exercée par un groupe de jeunes envers un individu seul. Par exemple, pour le « jeu de la mort subite » ou « jeu des couleurs », les agresseurs décident de s'en prendre à tout jeune portant un vêtement d'une certaine couleur.

La pratique de ces jeux est majoritairement le fait de garçons qui désirent souvent affirmer leur supériorité en agressant ou en supportant la violence physique subie.

Outre la violence de ces jeux, il est important de repérer la participation active ou passive du jeune, ce qui entraînera des répercussions psychologiques différentes. Nous devons effectivement faire une distinction entre les jeux intentionnels et les jeux contraints.

Pour les premiers, les jeunes y participent de leur plein gré, même si l'on peut s'interroger sur la pression du groupe qui peut influencer certains qui hésitent. Ils connaissent les règles et peuvent devenir tour à tour agresseur et victime, comme par exemple au « jeu de la canette » où celui qui laisse passer la balle ou la canette entre ses jambes reçoit un violent coup de poing sur l'épaule par ses camarades.

A l'inverse, les jeux contraints sont subis par un jeune qui, du fait de sa timidité, de son anxiété ou encore de son isolement, devient une proie facile. Ici le jeune est clairement identifié comme une victime.

Ces jeux agressifs peuvent prendre des formes extrêmes comme le « bullying », violences répétitives, véritable harcèlement de la part d'un ou de plusieurs individus sous la forme de provocations sexuelles, d'insultes, d'humiliations ou de coups. Le « happy slapping » consiste encore à filmer une agression qui sera ensuite diffusée.

Quant aux agresseurs, il faut faire également une distinction entre les actifs et les passifs qui agissent sous l'effet de la pression du groupe. Mais pour G.Michel, les uns et les autres font preuve d'un détachement émotionnel, d'une absence de remords face à la douleur de l'autre.

Les jeux de non-oxygénation :

La recherche de sensation intense (impression de planer), la prise de risque extrême (le plaisir de jouer avec la mort), conduisent les garçons comme les filles à la pratique de ces jeux de strangulation qu'ils appellent « rêve bleu », « trente secondes de bonheur », mais plus connus sous le terme de « jeu du foulard ».

Ces jeux d'asphyxie sont consentis par les participants et se font en groupe loin du regard des adultes. Les jeunes étranglent un de leurs camarades et le réveillent après la perte de connaissance. La perte de conscience s'apparente à une expérience de sa propre disparition et le réveil s'associe à la survie : impression de contrôler son existence.

Le danger est d'autant plus grand quand les jeunes cherchent seuls ce plaisir ressenti s'adonnant ainsi à l'auto-strangulation, personne ne pouvant éventuellement donner l'alerte et leur porter secours.

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