Racket

Qu’est-ce que c’est ?
Que dit la loi ?


Le terme racket est en fait issu d’une expression populaire américaine. C'est le fait d'obtenir sous la pression ou la menace la remise d'une chose ou d'une somme d'argent.

L'engrenage infernal du racket : briser la loi du silence.


Comment le racket s'installe-t-il ? Comment le silence et parfois, le manque de réaction des adultes font-ils perdurer cette situation ? Et comment un jeune peut-il s'en sortir malgré tout ?


Peu de jeunes savent que le racket qu'ils subissent ou imposent est un acte illégal et répréhensible. Comme si ce rapport de force faisait partie de la socialisation « normale » de l'adolescent.


Certains adultes comprennent également ce geste comme du chahutage sans conséquence.


Or, le racket est une violence, souvent accompagnée d'un harcèlement moral ou physique, qui peut s'installer et devenir invivable pour la « victime ».


Tout commence par une bousculade ou une injure criée devant tout le monde. La « victime » ne réagit pas ou pas assez fort. Alors on recommence. On teste. Le racket s'installe très vite après ces brimades.


Les objets extorqués deviennent de plus en plus importants. La pression est telle que le jeune donne même des objets ou de l'argent qu'il n'a pas sur lui mais ramène après les avoir volés, souvent à ses parents.


Le racket s'opère plutôt dans un couloir de l'établissement scolaire ou une rue calme. Les racketteurs mènent un « jeu » bien rodé qui s'accompagne d'une série d'humiliations verbales ou physiques. Elles peuvent devenir de plus en plus graves. La souffrance du racketté est immense.


Ses résultats scolaires baissent, son sommeil est altéré et son attitude de plus en plus renfermée. Le racket se nourrit de ce silence dans lequel s'enferme le jeune racketté. Les menaces des racketteurs sont prises au sérieux par la victime. Par peur des représailles sur soi et sur ses proches, à cause de la honte de ne pas réagir ou de voler ses parents, et parce que, paradoxalement, le jeune se croit assez fort pour résoudre ce problème seul (sans les adultes), il se tait. Il ne veut pas être jugé par ses pairs - « je ne suis pas une balance » - ou par ses parents - « tu n'avais qu'à te défendre ».


A la différence du vol, le racket se caractérise par le fait que c'est la victime elle-même qui remet, sous la contrainte, un bien à l'auteur du délit. C'est pourquoi, sur le plan juridique, le racket se rapproche de « l'extorsion » que l'article 312-1 du Code Pénal définit comme « le fait d'obtenir par la violence, menaces de violences ou contrainte, soit une signature, un engagement ou une renonciation, soit la remise de fonds de valeur ou d'un bien quelconque ».


Une véritable infraction passible de poursuites judiciaires est constituée dès lors que la violence, des menaces de violences ou une contrainte ont été utilisées pour faire pression sur une personne dans le but d'en obtenir quelque chose qu'elle n'aurait pas consenti librement. La tentative d'extorsion constitue également un délit. Le racket peut aussi être incriminé sous la qualification de « vol avec violence » (article 311-4 du Code Pénal ).


Dans tous les cas, des facteurs aggravants peuvent alourdir les sanctions judiciaires : il s'agit des cas dans lesquels l'extorsion a été commise en « bande organisée », à « main armée » ou lorsqu'elle s'est accompagnée de violences physiques entraînant une incapacité temporaire de travail (ITT).


Une personne victime de racket, ou ses représentants légaux si elle est mineure, peut donc déposer plainte au commissariat de police ou directement auprès du Procureur de la République. En cas de crainte de représailles ; la victime pourra, sur autorisation du Procureur de la République, déclarer comme domicile l'adresse du commissariat de police ( article 62-1 du Code de Procédure Pénale ).


Un chef d'Établissement a l'obligation de procéder à un signalement judiciaire de tout fait délictueux constaté tel que le racket, y compris lorsque la victime n'a pas porté plainte. Parallèlement à ce signalement, il doit faire part aux autorités académiques de tout fait de racket dont serait auteur ou victime un élève. De même, tout fonctionnaire est tenu de signaler au Procureur de la République tout délit qu'il aurait pu constater.


Quelles sanctions ? Il s’agit d’un délit qui est puni par la loi de 7 ans d’emprisonnement et de 100 000 euros d’amende au maximum. Il peut être qualifié de crime quand il est commis par exemple en bande organisée ou avec une arme. Dans ces cas là, les peines de prison et d’amende sont plus élevées.


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