Adolescent et violence à l'école

Dans le débat médiatique actuel, la violence juvénile et notamment la violence dans le cadre scolaire occupe une place importante.

 

Ce phénomène médiatique n’est pas nouveau. La violence est constitutive de l’homme.

 

Dans le développement psychoaffectif de l’individu, il y a des périodes charnières comme l'adolescence, où la violence comme mode d’expression est privilégié au détriment d’autres. En effet, le processus adolescent peut être violent en lui-même. Cette période est traversée de paradoxes, un désir de grandir, d’autonomie associée à la nostalgie de l’enfance et un désir de s’affirmer allié à la peur de la confrontation avec le monde extérieur. Ces paradoxes et ambivalences génèrent une tension interne et parfois une souffrance

L'école est un lieu de socialisation avec ses règles, ses codes, ses interdits et ses injustices. L’adolescent doit faire sa place, s'intégrer, accepter et respecter l’autre dans sa différence.

L'établissement scolaire comme lieu de vie essentiel du quotidien des adolescents peut être le théâtre de violences qui s'expriment de différentes façons : rackets, insultes, injures, agressions physiques…qui peuvent avoir pour cible les adultes de l'institution ou d'autres élèves. Cette violence scolaire peut se manifester en groupe ou de façon isolée.

La violence de l’adolescent, quelque soit son mode d’expression n’est jamais anodine et ne doit pas être banalisée par l’adulte. Elle nécessite une réponse adaptée de l’adulte afin de ne pas devenir un mode de fonctionnement. Il s’agit de s’interroger sur le sens du passage à l’acte chez l’adolescent qui peut masquer une angoisse indicible. La violence est un symptôme et doit être appréhendé en prenant en compte l’individu dans sa globalité. Que vit cet adolescent en dehors du cadre scolaire ?

 

Quel sens l’adolescent donne t-il à sa présence à l’école ? Comment investit-il ce lieu et ses différents acteurs ?

La violence, l’agressivité de l’adolescent peut être une alerte ou un appel à l’adulte. L’acte violent, quel qu’il soit engage toujours la responsabilité de celui qui en est l’auteur et interpelle les adultes. Ces derniers peuvent aider le jeune à contenir, à cadrer sa violence, et à mettre des mots sur celle-ci.

 

La sanction éducative peut être envisagée comme une modalité de réponse à la violence. C’est un coup d’arrêt pour rompre avec la spirale du faire mal/se faire mal. Le fait d’attribuer la responsabilité de ses actes à un adolescent violent peut le mettre en situation de s’interroger sur ceux-ci.

 

La violence de l’adolescent dans le cadre scolaire nécessite donc une réponse des adultes, de l'ensemble de la communauté éducative, ce qui inclut, bien évidemment, les parents.

La cohérence, la continuité, la coordination dans le discours et les actions des adultes peuvent garantir que l’adolescent évoluera dans un cadre sécurisant.


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