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Enquête "No Limit"
Nolimit !
Nos limites ?
A la demande de Direction de la Jeunesse, de l'Education Populaire et de la Vie Associative (DJEPVA) – Haut commissaire à la jeunesse, l'Ecole des Parents et des Educateurs Ile-de-France a élaboré avec l'Inserm une enquête qualitative rapportant ce que disent les jeunes entre 16 et 21 ans et les professionnels qui les entourent, à propos de la recherche d'une ivresse rapide par les jeunes. Cette enquête a été financée par la Direction de
la Jeunesse et de l'Education Populaire et de la Vie Associative.
Thierry Morel, sociologue a mené cette enquête auprès de 8 associations agréées « jeunesse et éducation populaire » qui avaient répondu à l'appel à projets national lancé par la DJEPVA : appel relatif à la consommation d'alcool par les jeunes.
Le constat
- Se remarque un décalage de perception du phénomène « binge drinking » entre les jeunes et les adultes ; si les adultes s'alarment, les jeunes conscients de leur exagération ne s'en inquiètent pas.
- L'argument/le motif principal énoncé est : « Boire, c'est faire la fête », fête qui permet de se lâcher, d'échapper à la pression.
Se note le souci de l'autre, la vigilance à l'égard des jeunes du même groupe. Ces jeunes s'inquiètent les uns des autres, prennent soin de celui qui a trop bu. Boire, c'est aussi un mode, un espace de solidarité.
Autres remarques et questions
Se pose la question de la dangerosité de l'alcool, de la prévention de l'alcoolisation.
Y aurait-il une dépendance liée à l'alcoolisation massive, de type binge drinking ?
Les jeunes donnent leur représentation de ce phénomène.
Les jeunes évoquent le comportement des adultes (particulièrement leurs parents) face à l'alcool. Ils souhaitent, veulent, préserver ces mêmes adultes d'une trop grande inquiétude. Mais aussi, ils trouvent leurs parents trop laxistes face aux produits et trop sévères pour tout ce qui concerne la scolarité. Peut-on parler d'un déplacement du discours (voire du contrôle parental) de la question de la prévention vers la question de la réussite scolaire ? Le souci de la scolarité est-il un argument que les parents utilisent pour prévenir de la consommation d'alcool, faute de connaissance suffisante sur les questions de « bonne » santé.
Leurs mots
« L'ivresse : c'est un état d'esprit / la saoulerie : c'est un état physique »,
« Vomir ses tripes »,
« Quand tu bois, tu vas vers des gens à qui tu n'aurais même pas parlé ».
Pour conclure, cette étude sur le « binge drinking » interroge les limites de l'excès au regard même de ceux qui le pratique.
Le titre est issu des paroles recueillies et illustre ainsi, cette dichotomie entre l'autocontrôle proclamé et revendiqué par les uns et le laisser aller déraisonnable pour les autres.
Les récits comportent toute une série de condamnation : l'alcool au quotidien, le boire seul, le boire dans une temporalité diurne, l'alcool au volant, rarement l'excès en lui-même qui est même parfois valorisé. Tous font appel à la maîtrise de soi pour évoquer la question des limites, des limites qu'ils disent se fixer.
Ce « nos limites », c'est-à-dire celles qu'ils se donnent est un appel à la raison, à la connaissance réelle ou présupposée qu'ils ont de leurs corps, des effets de l'alcool, des risques. Ils maîtrisent assez bien pour la plupart ces interactions et ont une bonne connaissance de leur seuil de tolérance.
L'appel à la raison fait écho « aux lumières », à un savoir pratique, expérimenté, le leur, qui vient se heurter à un autre savoir, celui des experts, plus « obscur », plus conceptuel, théorique, virtuel. Ils connaissent les arguments de ces experts, qui parlent de pathologies, d'alcoolisme, de pratiques inquiétantes. Ils insistent sur leurs limites, les aspects raisonnables qu'ils veulent à tout prix faire passer.
Pour en savoir plus :
Enquête "No Limit"
www.epe-idf.com
www.filsantejeunes.com
www.jeunesviolencesecoute.fr






