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Fonctionnement du groupe harceleur
Un groupe désigne un élève comme bouc-émissaire en lui attribuant une différence. Cette différence est généralement perçue comme dévalorisante pour l'identité du groupe (ou l'image du groupe). Le groupe ne pouvant s'y identifier exclu cet élève. Cette exclusion par le groupe pourrait se traduire par de l'indifférence, mais ce n'est pas le cas, pourquoi ?
On peut se demander en quoi un groupe d'élèves se sent suffisamment menacé par un seul enfant pour qu'on lui assigne la place du bouc émissaire. Quelles sont les groupes qui ont besoin de leur victime pour se sentir en cohésion ?
Quand un groupe a besoin de désigner un élève comme différent, c'est parce que cela fait écho avec ses propres failles, ses impasses et ses blessures.
Le souffre-douleur est celui qui permet au groupe de se renforcer en partageant les mêmes codes et repères et de se constituer une identité commune dépourvue d' « aspérités ».
La place du souffre-douleur a un rôle à jouer pour que le groupe puisse fonctionner et ne pas remettre en question ses propres valeurs. Le bouc émissaire occupe la place de celui qu'on exclut, de celui dont personne ne veut, de celui auquel on ne s'identifie pas.... pour continuer à l'exclure, à lui en vouloir, et à l'identifier comme mauvais.
Le souffre-douleur disparaît en tant qu'être singulier, pour être réduit à ce trait identifié comme différent, parce que dérangeant : c'est un processus de déshumanisation qui s'enclenche.
A aucun moment le groupe ne semble réaliser que toutes ces violences quotidiennes plongent la victime dans une grande souffrance.
On harcèle pour avoir bonne conscience, pour s'assurer qu'on est du bon côté, avec la majorité ; être en groupe contre l'autre permet de renforcer la cohésion : on s'unit contre un « ennemi » commun auquel on attribue tous les défauts que l'on n'assume pas.
Il y a un bénéfice majeur quand on appartient à un groupe : l'individu n'a plus besoin de penser, il est pensé par le groupe.
La conduite du groupe harceleur est dictée par la peur de la différence, de la singularité : il n'y a pas de place pour l'altérité, pour une pensée autonome, l'autre est absorbé (par le groupe harceleur) ou expulsé (le bouc émissaire).
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