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Prise de risque à l'adolescence - rites de passage, rites d'initiation, recherche de soi et de limites
La prise de risque peut se définir comme une remise en jeu de quelque chose pour soi-même ou pour autrui. Ce risque sera plus ou moins important. Il peut aller jusqu’à la mise en danger de l’existence de la personne. La prise de risque peut être une nécessité humaine ou la satisfaction d’un besoin primaire. Il peut être un équivalent suicidaire, une aide à la construction identitaire, une dérive.
La prise de risque se retrouve le plus souvent à l'adolescence où elle fait partie de la recherche de soi et d'une sensation enivrante qui permet de se sentir exister. Elle peut aussi s’inscrire parfois dans un mal être : la personne peut mettre sa vie en jeu (dans un quitte ou double) de manière inconsciente. Cela peut renvoyer à un comportement suicidaire inconscient. Cette prise de risque se retrouve dans les conduites ritualisées que mettent en place certains jeunes. Elles sont assimilées à des rites d'initiation en apparence mais ressembleraient plus à des défis ou des comportements dangereux.
Néanmoins, chez la plupart des jeunes, la prise de risque peut-être légère et ne met pas en danger la personne au travers d'attitudes excessives. Ce sont des expérimentations qui seraient des rites de passage permettant la reconnaissance des pairs et la ponctuation d'étapes de vie. C'est parfois une façon de renforcer une estime de soi fragilisée à l'adolescence. Cette prise de risque peut concerner le jeune lui même ou s'étendre aux autres. Le risque ne sera pas toujours mesuré et ne sera pas forcément conscient. Il existe une minorité d'adolescents qui peut prendre des risques de façon démesurée pour pallier un mal être.
Les comportements très à risques peuvent être une alcoolisation excessive comme actuellement le phénomène du « binge drinking » et/ou toute conduite addictive, la mise en danger de sa personne et des autres sur les routes, les scarifications, la non protection répétée lors de relations sexuelles...
Ces comportements de prises de risques seraient aujourd'hui plutôt définis comme des conduites ordaliques. Le fantasme ordalique serait le fait de s'en remettre à l'autre, au hasard, au destin, à la chance, pour le maîtriser. La conduite ordalique est donc toujours à deux facettes : abandon ou soumission mais aussi tentative de maîtrise, de contrôle sur sa vie. Le jeune se dit que rien ne peut lui arriver en adoptant ces conduites de « toute puissance ». Il se retrouve à répéter des comportements dangereux sans trouver ce qu’il recherche, c’est-à-dire un sens aux choses comme dans les conduites addictives.
Autrefois, les rites d’initiation permettaient le passage de l’enfance à l’entrée dans le monde adulte. Actuellement, l’absence de tels rituels pourraient être un manque dans l’identification à l’adulte. La disparition de ces repères et traces venant des aînés et de sa propre culture serait un facteur supplémentaire de préoccupations, d’isolement et de peurs.
La prise de risque est souvent associée à la recherche de soi, de sa propre identité ou même d'une identité d'appartenance. Ces conduites peuvent emprunter différents chemins: celui d'un bizutage dans une école, celui de défis au sein d'une bande. De surcroît, il y aurait aussi une recherche de la loi, de règles, véhiculées autrefois par la présence des adultes, qui serait une recherche de l’attention de l’autre qui accompagne cette tentative de trouver une place pour soi dans un groupe ou dans une société. On arrive toujours à la nécessité et au besoin vital de donner un sens à son existence.
D'après David Le Breton « les conduites à risque sont des sollicitations symboliques de la mort dans une quête de limites pour exister, ce sont des tentatives maladroites et douloureuses de se mettre au monde, de ritualiser le passage à l'âge d'homme (...) Les conduites à risque se distinguent absolument de la volonté de mourir, elles ne sont pas des formes maladroites de suicides mais des détours symboliques pour s'assurer de la valeur de son existence. »
Selon lui (1), les jeunes qui s’exposent si fortement sont une minorité qui témoigne d’une souffrance et d’un besoin de se confronter au monde pour se sentir exister. On retrouverait dans les familles de ces jeunes une absence de limites ou d’orientation de vie qui les pousserait à les rechercher en se mettant en danger. Cela semblerait plutôt être une confrontation au vide et un manque de valeurs contenantes permettant au jeune d’exister aux yeux des autres. L’autre est recherché comme tuteur. Il s’agirait aussi d’un besoin d’autonomie.
Ainsi, la prise de risque s’inscrit dans une quête identitaire, une recherche de soi et de limites. Elle serait un remède palliatif à un manque qui serait peut-être celui de l’accompagnement du jeune par l’adulte vers l’autonomie et la recherche du sens de sa propre vie.
(1) David Le Breton - « Adolescents et Conduites à risque, Prévention et Ecoute », Edition ASH Professionnels, 2007
La prise de risque se retrouve le plus souvent à l'adolescence où elle fait partie de la recherche de soi et d'une sensation enivrante qui permet de se sentir exister. Elle peut aussi s’inscrire parfois dans un mal être : la personne peut mettre sa vie en jeu (dans un quitte ou double) de manière inconsciente. Cela peut renvoyer à un comportement suicidaire inconscient. Cette prise de risque se retrouve dans les conduites ritualisées que mettent en place certains jeunes. Elles sont assimilées à des rites d'initiation en apparence mais ressembleraient plus à des défis ou des comportements dangereux.
Néanmoins, chez la plupart des jeunes, la prise de risque peut-être légère et ne met pas en danger la personne au travers d'attitudes excessives. Ce sont des expérimentations qui seraient des rites de passage permettant la reconnaissance des pairs et la ponctuation d'étapes de vie. C'est parfois une façon de renforcer une estime de soi fragilisée à l'adolescence. Cette prise de risque peut concerner le jeune lui même ou s'étendre aux autres. Le risque ne sera pas toujours mesuré et ne sera pas forcément conscient. Il existe une minorité d'adolescents qui peut prendre des risques de façon démesurée pour pallier un mal être.
Les comportements très à risques peuvent être une alcoolisation excessive comme actuellement le phénomène du « binge drinking » et/ou toute conduite addictive, la mise en danger de sa personne et des autres sur les routes, les scarifications, la non protection répétée lors de relations sexuelles...
Ces comportements de prises de risques seraient aujourd'hui plutôt définis comme des conduites ordaliques. Le fantasme ordalique serait le fait de s'en remettre à l'autre, au hasard, au destin, à la chance, pour le maîtriser. La conduite ordalique est donc toujours à deux facettes : abandon ou soumission mais aussi tentative de maîtrise, de contrôle sur sa vie. Le jeune se dit que rien ne peut lui arriver en adoptant ces conduites de « toute puissance ». Il se retrouve à répéter des comportements dangereux sans trouver ce qu’il recherche, c’est-à-dire un sens aux choses comme dans les conduites addictives.
Autrefois, les rites d’initiation permettaient le passage de l’enfance à l’entrée dans le monde adulte. Actuellement, l’absence de tels rituels pourraient être un manque dans l’identification à l’adulte. La disparition de ces repères et traces venant des aînés et de sa propre culture serait un facteur supplémentaire de préoccupations, d’isolement et de peurs.
La prise de risque est souvent associée à la recherche de soi, de sa propre identité ou même d'une identité d'appartenance. Ces conduites peuvent emprunter différents chemins: celui d'un bizutage dans une école, celui de défis au sein d'une bande. De surcroît, il y aurait aussi une recherche de la loi, de règles, véhiculées autrefois par la présence des adultes, qui serait une recherche de l’attention de l’autre qui accompagne cette tentative de trouver une place pour soi dans un groupe ou dans une société. On arrive toujours à la nécessité et au besoin vital de donner un sens à son existence.
D'après David Le Breton « les conduites à risque sont des sollicitations symboliques de la mort dans une quête de limites pour exister, ce sont des tentatives maladroites et douloureuses de se mettre au monde, de ritualiser le passage à l'âge d'homme (...) Les conduites à risque se distinguent absolument de la volonté de mourir, elles ne sont pas des formes maladroites de suicides mais des détours symboliques pour s'assurer de la valeur de son existence. »
Selon lui (1), les jeunes qui s’exposent si fortement sont une minorité qui témoigne d’une souffrance et d’un besoin de se confronter au monde pour se sentir exister. On retrouverait dans les familles de ces jeunes une absence de limites ou d’orientation de vie qui les pousserait à les rechercher en se mettant en danger. Cela semblerait plutôt être une confrontation au vide et un manque de valeurs contenantes permettant au jeune d’exister aux yeux des autres. L’autre est recherché comme tuteur. Il s’agirait aussi d’un besoin d’autonomie.
Ainsi, la prise de risque s’inscrit dans une quête identitaire, une recherche de soi et de limites. Elle serait un remède palliatif à un manque qui serait peut-être celui de l’accompagnement du jeune par l’adulte vers l’autonomie et la recherche du sens de sa propre vie.
(1) David Le Breton - « Adolescents et Conduites à risque, Prévention et Ecoute », Edition ASH Professionnels, 2007






