La violence des images

Une personne devient-elle violente par le fait de regarder une image violente ? L'image influence-t-elle l’émergence de la violence ? Faut-il protéger les enfants afin qu’ils n’aient pas accès aux images violentes ?


Les images sont très présentes dans la vie quotidienne moderne et constituent une partie très importante des rapports humains. La télévision, le cinéma, internet et les magazines permettent un accès plus facile aux images en général.


Les médias montrent des formes modernes de violences. Les images peuvent être prises comme modèles d’imitation. À titre d'exemple, nous pouvons citer les crimes recréés à l'image de certains films ou de certaines séries, la banalisation du phénomène du happy slapping ... Un groupe de jeunes peut s’identifier à un autre groupe de jeunes qui martyrise un autre jeune et publie sa souffrance sur internet.


Nous sommes tous exposés constamment à des images violentes. Pour autant, cela ne fait pas de nous des personnes violentes. Une scène de violence peut causer le rejet chez certaines personnes et en attirer d’autres.


Il y a des personnes pour lesquelles l'exposition à des images violentes est plus difficile que pour d’autres. Il y a des personnes qui cherchent à regarder ce genre d'images et d'autres qui les fuient. L'image violente peut être vécue comme une violence subie : elle montre au-delà de ce que nous aurions accepté volontairement de voir.


Le caractère de plus en plus imprévisible des images rend très difficile la possibilité de s’en protéger. Nombreuses sont celles, sans contenu violent, qui peuvent néanmoins nous faire violence. Les enfants et certains adolescents y sont particulièrement vulnérables, même s’ils ne réagissent pas tous de la même manière.


Aujourd’hui, nous sommes surtout confrontés aux images choquantes en temps réel. Lorsque l’on regarde les nouveaux concepts de « télé réalité », on ne sait pas si ce qu’on voit est écrit à l’avance ou non.


Il est dangereux de penser que les enfants ont les moyens de s’en sortir seuls. Ils ont souvent des intuitions justes, mais il est important qu’elles soient accompagnées par l’adulte. Les images sont de plus en plus imprévisibles, réalistes, sur-dramatisées. Il faut distinguer les images qui ont un contenu violent et celles qui peuvent faire violence à des enfants même si leur contenu ne semble pas violent.


Faire en sorte que les enfants parlent des images qui leur ont fait violence est nécessaire quand on est parents ou professionnels car on ne peut jamais savoir qu’elles sont les images qui les ont le plus malmenés avant d’en parler avec eux. Leur permettre d’en parler va les mettre plus à l’aise pour pouvoir prendre de la distance par rapport à l’événement, pour communiquer avec leurs camarades et partager leurs représentations personnelles.